Maitrisez-vous la parlure québécoise ?

 

Connaissez-vous les expressions québécoises typiques parlées par les quelque 8 millions de francophones qui résident au Québec ? Pour celui qui doit visiter la Belle Province, il n’est pas inutile de réviser quelques particularités du français parlé au Québec, autrement appelé la « parlure » québécoise.

 

La langue française est surtout parlée au Québec, sachant qu’il y a d’autres formes de français parlées au Canada, notamment en Ontario, à Terre-Neuve, au Nouveau-Brunswick et en Nouvelle-Ecosse.

Attachons-nous cependant au français parlé au Québec où résident plus de 80% des francophones du Canada. Le français y est la seule langue officielle depuis une loi de 1974, confirmée par la Charte de la langue française votée en 1977 par l’Assemblée nationale du Québec.

La mise en œuvre de la Charte est confiée à l’Office québécois de la langue française (OQLF), organisme créé en 1961 pour veiller à l’usage et à l’enrichissement de la langue française.

 

Concrètement, passons en revue les québécismes (ou canadianismes) que l’on rencontre le plus souvent :

 

Les mots et expressions les plus courantes

  • Asteure : maintenant (« à cette heure »)
  • Babouner : bouder, faire la gueule
  • Blé d’Inde : maïs en épi
  • Blonde/Chum : petit amie/petit ami
  • Char : voiture
  • C’est pas pire/C’est pas si pire :  c'est pas mal/pas si mal
  • Débarbouillette : gant de toilette
  • Icitte :  ici
  • Jaser : bavarder (sans connotation négative). Au sens de médire, on dira « placoter »
  • Quétaine : ringard, vieux jeu
  • Laveuse : machine à laver
  • Niaiseux : imbécile
  • Pantoute : pas du tout
  • Piasse (piastre) : dollar canadien. En Louisiane, c’est le terme pour désigner le dollar américain.
  • Platte : ennuyeux, chiant
  • Tanné : exaspéré, agacé
  • Toune : chanson
  • Vidanges : poubelles
  • Waiter/waitress : serveur, serveuse

 

Le climat occupe une place particulière

  • Banc de neige : amas de neige, congère
  • Frette : froid
  • Sloche : mélange de neige fondante et de sel de déneigement. En France, on dirait « gadoue ».
  • Mitaines : gants ou moufles
  • Mouiller : pleuvoir
  • Pleuvoir des clous : pleuvoir des cordes
  • Poudrerie : neige fine et soulevée par le vent
  • Souffleuse : fraise à neige
  • Tuque : bonnet de laine. Par extension, « attache ta tuque » signifie « tiens-toi prêt »

 

Les jurons ou « sacres »

  • Câlisse (ou câlice)
  • Crisse (déformation de Christ) : juron très prolifique, qui peut devenir un verbe ou un adverbe
  • Hostie
  • Tabarnak (déformation de tabernacle)
  • Viarge (déformation de vierge)

 

On peut ensuite combiner ces jurons à loisir, les transformer en verbe ou en adverbe. Tout est à peu près possible. Par exemple : Hostie de câlisse ! V'là une viarge de belle fille en crisse !

 

Aussi curieux que cela puisse paraitre à un Français de France, ces sacres restent encore aujourd’hui mal perçus et certains ont encore pour certains Québécois un caractère blasphématoire. On pourra objecter qu’en France, les jurons ont en grande majorité un caractère sexuel plutôt que religieux et certains n’en sont pas moins très injurieux. Cf. putain, bordel, enculé, con (le sexe de la femme, faut-il le rappeler), rien à branler (ou à foutre, selon votre situation maritale).

 


Le franglais

  • Cute : mignon
  • Date : rendez-vous amoureux
  • Frencher : embrasser sur la bouche
  • Joke : blague
  • Lift : bout de chemin ensemble, covoiturage
  • Safe : sûr, en sécurité
  • Shotte : gorgée, coup

 

Cependant, il faut lui en savoir gré, le Québec lutte pied à pied contre les anglicismes, bien mieux que nous le faisons en France, surtout dans le domaine des néologismes liés aux nouvelles technologies. Par exemple :

 

  • Baladodiffusion : podcasting
  • Chandail : teeshirt
  • Clavarder/Clavardage : tchatter/tchat
  • Courriel : e-mail
  • Gomme (à mâcher) : chewing-gum
  • Nettoyeur : pressing
  • Pourriel : spam
  • Magasiner : faire du shopping
  • Planche à neige : snowboard
  • Stationnement : parking
  • Traversier : bac, ferry


Et surtout, attention aux quiproquos et aux faux-amis

  • Avoir le feu au cul :  être très fâché, rouge de colère
  • Beigne : beignet, donut (et non pas « gifle »)
  • Bibitte : insecte (« bébête »)
  • Camisole : débardeur
  • Dépanneur : épicerie de proximité
  • Espadrilles : chaussures de sport (tennis, baskets)
  • Foufounes : fesses
  • Gang : groupe d’amis
  • Liqueur : boisson gazeuse et sucrée (soda)
  • Turlute : chanson entrainante, populaire
  • Gosses : testicules
  • Déjeuner/Diner/Souper : correspond à Petit déjeuner/Déjeuner/Diner en France
  • Poutine : plat québécois composé de frites, de fromage et de sauce


Et enfin, quelques mots passés du Québec en France métropolitaine, par l’intermédiaire des dialectes amérindiens :

  • Anorak
  • Caribou
  • Parka
  • Mocassin
  • Toboggan


Vous voilà presque prêt pour atterrir à l’aéroport de Montréal. Mais attention, les mots présentés dans cette chronique sont loin de constituer une liste exhaustive. Pour aller plus loin, je vous conseille la lecture du roman policier Sous les vents de Neptune, de Fred Vargas, qui se déroule en grande partie à Gatineau, au Québec.

Vous pouvez aussi passer un moment avec Solange, qui va te parler québecois :