ANAGRAMMES

 

Anagramme n.f. (du grec anagramma, renversement de lettres). Mot formé des lettres d'un autre mot disposées dans un ordre différent (d'après le dictionnaire Larousse). Attention, anagramme est du genre féminin, contrairement aux autres mots en -gramme !

Au départ, la figure de style de l'anagramme ne concerne que des mots seuls, mais il est possible de compliquer l'exercice à loisir en "anagrammant" plusieurs mots, voire des phrases entières ! Des auteurs ont parfois signé des oeuvres avec l'anagramme de leur nom, tel François Rabelais (Alcofribas Nasier), Marguerite Yourcenar (de Crayencour), Boris Vian (Bison Ravi).

 

  • Gare, Maman ! - Anagramme !
  • Meilleurs voeux ! - Merveilleux sou / Livre sexuel mou
  • Le Commandant Cousteau - Tout commença dans l'eau
  • Tom Elvis Jedusor - Je suis Voldemort (pour les fans de Harry Potter)
  • Alice au Pays des Merveilles - Le lièvre au pays des limaces
  • Napoléon empereur des Français - Un pape serf a sacré le noir démon / Ce fol empire ne durera pas son an
  • La gravitation universelle - Loi vitale régnant sur la vie

 

En ce qui concerne les personnalités politiques, voilà quelques trouvailles intéressantes :

  • Le joli pinson - Lionel Jospin
  • Me nomme canular - Emmanuel Macron 
  • Naturel abusif - Laurent Fabius
  • Mon nain adoré - Nadine Morano
  • La sévère crispée - Valérie Pécresse
  • J'ai un appel - Alain Juppé

 

Quelques liens vers des sites consacrés aux anagrammes :

 



CONTREPÈTERIES

 

Contrepèterie n.f. (de l'anc. fr. contrepeter, imiter par dérision). Inversion plaisante de lettres ou de syllabes dans un groupe de mots, créant une nouvelle expression généralement grivoise ou obscène. (ex. : pisser dans la glycine pour glisser dans la piscine).

Voici ce que nous apprend le Larousse sur la contrepèterie. Mais plus concrètement, c'est l'art de décaler les sons que l'on débite avec la bouche !
Cet art difficile et quasi exclusivement français, il semble bien que ce soit Rabelais qui l'ait inventé ou en tout cas adapté du latin. A cette époque, au XVème siècle, on parlait plutôt d'antistrophes.

Quelques règles et un peu de technique avancée :

 

  • Une contrepèterie se doit d'être vulgaire, grivoise, et à tout le moins inconvenante. Dans le cas contraire, on parle volontiers de contrepèterie de salon (ex : le saint nectaire)
  • Un sous-cas particulier de la contrepèterie de salon est la contrepèterie belge. Ici, ni grivoiserie, ni expression vraiment nouvelle (ex : il fait chaud et beau)
  • Quand on est un amateur éclairé doublé d'une personne bien élevée, on ne donne jamais la solution d'une contrepèterie. Débrouillez-vous !
  • Pour être strictement valable, la contrepèterie utilise des inversions phonétiques et non visuelles. Ainsi, Monsieur Antoine Pinet était un fameux faiseur de baisses est visuellement correcte lorsqu'on inverse les lettres, mais pas en ce qui concerne la sonorité des syllabes (car faiseur se prononce feuseur). En résumé, la contrepèterie est orale.

Il ne pas faut pas confondre la contrepèterie avec :

  • le kakemphaton, qui est un jeu de mots involontaire résultant de la rencontre de sons au cours d'une phrase.
    Ex. : "Je suis romaine hélas, puisque mon époux l'est" (Horace, Corneille).
    Ex. : La fermière tricote pendant que son mari laboure
  • le calembour, qui est un jeu de mots parfaitement volontaire, destiné à faire rire en téléscopant des sonorités ambigües avec le sens de mots.
    Ex : "La même ardeur me brule et le désir s'accroit quand l'effet se recule" - Polyeucte, I,1, Corneille
    Ex : "Les Ibères sont rudes" - Astérix en Hispanie, Goscinny et Uderzo
    Ex : "Les hémorroïdes, ça sort du corps en saignant
     
  • le lapsus, qui consiste à substituer involontairement à un terme attendu un autre mot, souvent phonétiquement très proche. La contrepèterie est parfaitement volontaire et ne substitue que des lettres ou des syllabes.
    Il y a bien évidemment une grande proximité entre le deux. Luc Etienne, le grand spécialiste du contrepet, ne disait-il pas : "Le contrepet est l'enfant naturel du lapsus".
    Ex : "Il y a le fichier des empreintes génitales et le fichier des empreintes génétiques" - Brice Hortefeux, 17/10/2010
    Ex : "Quand je vois certains qui réclament une rentabilité à 20-25 %, avec une fellation quasi nulle" - Rachida Dati, 5/09/2010
    Ex : "Les méthodes alternatives, c’est comme pour le gaz de shit" - Roselyne Bachelot, 3/12/2012

 

Quelques contrepèteries remarquables :

  • Immatriculez cet empoté !
  • Le linge sèche en mouillant les cordes (2 inversions)
  • La philanthropie de l'ouvrier charpentier (inversions multiples)
  • La cuvette est pleine de bouillon
  • J'aime vachement votre frangin
  • Le sauvage a retrouvé son clan dans la grotte
  • L'abeille coule
  • Personne n'est jamais assez fort pour ce calcul
  • Mammouth écrase les prix (Coluche)
  • J'ai du tracas jusqu'au cou
  • Alors que les athées se battent, les abbés se taisent
  • Face aux Nippons, la Chine se redresse
  • Tuons le lapsus : ce n'est pas une fine appellation (hommage à R. Dati)
  • Elle aime les belles frites avec des moules grosses comme des belons (2 inversions)
  • Le chirurgien ampute une jambe
  • Il nous brouille l'écoute avec sa panne de micro

 

Et pour les voeux de nouvelle année :

  • Elles décorent les voeux et des piles de boites
  • Les Grecs présentent des voeux de mauvais Hellènes, les Chinois préfèrent des voeux bien laqués
  • Ces voeux sentent la caque
  • Ça, sans moquer, ce sont de vrais voeux !
  • Criez vos voeux !

 

Quelques liens vers des sites consacrés à l'art du contrepet :

 



DERNIERS MOTS

 

Les derniers mots, ceux que l'on prononce à l'article de la mort, ne sont souvent pas des moindres. Au même titre que des définitions de mots croisés, ils peuvent constituer des bons mots. Quelques exemple parmi les plus savoureux et les plus célèbres; à vous de deviner qui les a prononcés :

 

  • Tu la montreras au peuple. N'oublie pas. Elle en vaut la peine. (Danton au bourreau)
  • Frappe au ventre, c'est là que j'ai porté César ! (Agrippine au centurion venu l'assassiner sur ordre de Néron, son fils)
  • Maintenant, foutez-moi la paix ! (Paul Léautaud)
  • Encore un moment , monsieur le bourreau, encore un moment, je vous en prie. (La Comtesse du Barry, ancienne favorite de Louis XV, au bourreau)
  • Enlevez-moi ça ! (Georges Clemenceau, voyant arriver un prêtre)