Mille jurons, ou presque, du capitaine Haddock

13 octobre 2021
Bordée de jurons du capitaine Haddock

Le saviez-vous ? Le capitaine Haddock, célèbre compagnon du héros de bande dessinée Tintin, fête en 2021 ses 80 ans.
Archibald Haddock est en effet apparu dans le neuvième album des aventures de Tintin, Le Crabe aux pinces d'or. Hergé avait besoin de fournir à Tintin un compagnon humain, car il devenait de plus en plus irréaliste que le héros s'adresse à un chien qui parle : Milou.
Voilà donc un personnage alcoolique et colérique qui débarque dans la vie de Tintin. Colérique, le capitaine Haddock l'est assurément, comme en témoignent les fameux jurons qu'il profère à longueur d'aventures. On dénombrerait dans l'œuvre d'Hergé environ 220 jurons de base utilisés par le capitaine, et volontiers additionnés dans des combinaisons improbables, comme dans « Bougre de phénomène de moule à gaufres de tonnerre de Brest ».

La plupart du temps, ces insultes n'en sont pas vraiment, car Hergé devait rester politiquement correct pour son jeune  public, en contournant la censure du régime de Vichy puis plus tard en respectant l'esprit de la loi du 16 juillet 1949 « sur les publications destinées à la jeunesse ». Il a donc fait le choix, pour créer les bordées d'insultes du capitaine Haddock, de recourir à des mots souvent exotiques et sortis de leur contexte. Aujourd'hui que nous connaissons enfin l'âge du capitaine, c’est l’occasion de redécouvrir certains de ces mots rares ou oubliés.

AÉROLITHE

Il s'agit littéralement d'un pierre (« lithos ») qui tombe du ciel (« aêr »). Aujourd'hui le terme d'aérolithe est vieilli et tombé en désuétude et on parle plus volontiers d'une météorite (on trouve parfois « un » météorite, le genre est hésitant).
À ce sujet, savez-vous quelle est la différence entre une météorite  et un météore ? La météorite est donc une pierre tombée du ciel, dont on retrouve un fragment sur le sol, tandis qu'un météore est un phénomène dont on observe le déplacement ou la chute dans l'atmosphère AVANT son arrivée au sol. Comme météore, on distingue :

  • les phénomènes météorologiques classiques : tonnerre (de Brest ?), pluie, neige, grêle...Mais pas les nuages, qui ne tombent pas au sol !
  • l'étoile filante : un météore de petite taille qui produit une trainée lumineuse dans le ciel
  • le bolide : un météore de plus grande taille, qui produira une lumière beaucoup plus intense, et laissera tomber au sol quelques fragments, les météorites.

Et pour simplifier le tout, le météoroïde est le corps céleste qui se déplace dans l'espace avant son arrivée dans l'atmosphère...et sa transformation en météore puis en météorite !

AMPHITRYON

Dans la mythologique grecque, Amphitryon est le fils du roi de Tirynthe, une cité du Péloponnèse. Il épouse Alcmène, fille du roi de Mycènes, qui lui impose, pour consommer le mariage, de venger ses deux frères tués par les habitants d'une ile lointaine, Taphos. Après de multiples aventures et son épreuve réussie, Amphitryon revient vers sa femme, qui peu surprise de le voir, lui affirme qu'il est déjà revenu vers elle la veille et que le mariage a enfin été consommé. En fait, Zeus a pris l'apparence d'Amphitryon et a passé la nuit avec Alcmène. Il naitra de cette union un demi-dieu bien connu, Héraclès (Hercule pour les Romains).

De multiples auteurs ont repris le mythe dans leurs œuvres littéraires et théâtrales, notamment Plaute et Molière, jusqu'à Jean Giraudoux et son Amphitryon 38 (d'après l'auteur, sa pièce de théâtre serait justement la 38e version depuis Plaute).

Le mot amphitryon est ensuite devenu un nom commun dans la langue française et on pourrait s'attendre à ce qu'il soit le synonyme de mari cocu, mais on en est loin. Le mot désigne aujourd'hui l'hôte, le maitre de maison qui offre à manger, car dans la comédie de Molière, Sosie, le valet d'Amphitryon s'écrie : « Le véritable Amphitryon est l'Amphitryon où l'on dîne ». La pièce de Molière eut un tel succès que le nom des deux personnages, Sosie et Amphitryon, est passé dans le langage courant. Et tout le monde a oublié qu’Amphitryon est d'abord un mari cocu.

ANACOLUTHE

Du grec ancien anakólouthon (« qui n’est pas à la suite de »), l'anacoluthe est une rupture dans la construction syntaxique d'une phrase, de telle sorte que la fin de la phrase n'est pas grammaticalement en harmonie ou cohérente avec le début. Assez souvent, on dénombre deux sujets différents dans la même phrase. Exemples :

  • Le nez de Cléopâtre, s’il eût été plus court, la face du monde en eût été changée. (Pensées, Pascal)
  • Parvenus sur la terrasse, leur regard se perdit d'un coup au-delà de la palmeraie. (L'Exil et le Royaume, Albert Camus)
  • Exilé sur le sol au milieu des huées, ses ailes de géant l’empêchent de marcher. (L'albatros, Charles Baudelaire)

Depuis le XVIIe siècle, elle est parfois considérée comme une figure de style, mais le plus souvent, il s'agit bien d'une erreur de syntaxe.

BACHI-BOUZOUK

Du turc başıbozuk, littéralement « tête cassée ». Les bachi-bouzouks étaient des cavaliers mercenaires au service de l'armée ottomane. Peu disciplinées, ces troupes irrégulières se rendaient régulièrement coupables d'exactions et étaient souvent utilisées pour terroriser les populations. Ainsi, en 1876, lors d'une insurrection des Bulgares contre l'empire ottoman, les bachi-bouzouks commirent des massacres contre les populations civiles qui indignèrent l'Europe entière.
Cela reste une des injures préférées du capitaine Haddock.

Portrait d'un bachi-bouzouk par le peintre Jean-Léon Gérôme

BAYADÈRE

Le juron complet est « Bayadère de carnaval » et figure dans l'album Coke en stock. Dans la publication d'origine en 1958 figurait initialement le juron « Fatma de Prisunic » que l'on peut juger au minimum condescendant. D'ailleurs, à la suite d'un article du magazine Jeune Afrique accusant Hergé de racisme, ce dernier modifie en 1967 le juron initial pour le transformer en « Bayadère de carnaval ».

Mais alors, qu'est-ce qu'une bayadère ? Les bayadères, ou devadâsî en hindi, étaient des servantes sacrées dans les temples hindous de l'Inde du Sud. Considérées comme des épouses ou des servantes de la divinité, leur rôle était avant tout de danser devant le temple en l'honneur de la divinité. Le mot bayadère vient d'ailleurs du portugais bailadeira, « danseuse ».

Les bayadères jouissaient de libertés sexuelles (elles pouvaient choisir avec qui avoir des relations sexuelles) qui se sont perverties au cours du temps, jusqu'à se transformer en prostitution. Elles sont devenues des courtisanes, un peu comme les geishas japonaises. Cette prostitution « sacrée » a été règlementée puis combattue, et enfin interdite dans toute l'Inde...en 1988.

Bayadères

BOUGRE

Le mot est issu du latin bulgarus (« bulgare »). Au Moyen-Âge, le mot bougre a fini par désigner les hérétiques bulgares qui pratiquaient le bogomilisme, doctrine chrétienne sévèrement condamnée par l'Église. Le mouvement bogomile, très proche du mouvement cathare, rejetait le monde matériel comme l'œuvre du Diable et recommandait une vie ascétique.
Ensuite par glissement sémantique, d'une hérésie à une autre, le bougre est devenu l'homosexuel, le sodomite (alors qu'il n'y a priori aucun lien).
On retrouve aujourd'hui le mot dans l'expression « bougre de ... », que le capitaine Haddock utilise de manière extensive en agrégeant ses jurons préférés : bougre d'ectoplasme à roulettes !

CANAQUE

Les Canaques (ou Kanaks) sont un peuple autochtone de Nouvelle-Calédonie, d'origine mélanésienne. Ils constituent l'ethnie majoritaire, à plus de 40%, de cette collectivité française d'Océanie, colonisée par la France de Napoléon III à partir de 1853, et aujourd'hui peuplée de 271 000 habitants. Les Néocalédoniens d'origine européenne et souvent descendants d'anciens colons, sont appelés les « Caldoches ».
L'antagonisme entre Canaques et Caldoches a toujours été vif, et culminera avec la tragique prise d'otages d'Ouvéa en 1988. Les indépendantistes kanaks ont depuis lors obtenu la mise en œuvre d'un processus d'autodétermination. Après deux référendums en 2018 et 2020, qui voient la proposition d'indépendance refusée deux fois à une courte majorité, un troisième et dernier référendum se tiendra le 12 décembre 2021.

Photo de guerriers canaques

CATACHRÈSE

Issu du grec ancien katakhrêsis (« emploi abusif »), la catachrèse est une figure de style qui consiste à employer un mot au-delà de son sens strict, en étendant sa signification.
Exemple : les « pieds » d'une table ou les « dents » d'une scie.
Si on veut aller plus dans le détail, la métaphore, la métonymie et la synecdoque sont des formes de catachrèse.

CRÉTIN DES ALPES

L'origine du mot crétin reste obscure, mais son sens a toujours été celui d'idiot ou de stupide. Mais au XIXe siècle, c'est avant tout un terme médical : le crétin désigne la personne atteinte de crétinisme, une carence en iode ou une insuffisance thyroïdienne congénitale qui se caractérise par un retard mental profond et une toute petite taille chez les personnes atteintes. La carence en iode était une situation que l'on retrouvait autrefois dans les régions reculées de montagnes où la source classique de sel était le sel gemme, très pauvre en iode contrairement au sel marin. Au XXe siècle, on généralise l'ajout d'iode dans le sel de table, et le crétinisme finit par disparaitre. L'insulte « crétin des Alpes », elle, n'a pas disparu !

ECTOPLASME

Il s'agit d'une substance ou d'une émanation, de nature indéterminée, qui est produite par un médium en état de transe. Les médiums, censés avoir accès à des phénomènes non perceptibles par les cinq sens, dont notamment des manifestations de l'au-delà, étaient très en vogue au XIXe siècle, et pendant la première moitié du XXe siècle. Mais les manifestations ectoplasmiques n'ont jamais pu faire l'objet d'une confirmation scientifique, et la plupart des cas sont des fraudes aujourd'hui avérées. L'activité des médiums avait plus à voir avec la prestidigitation qu'avec le spiritisme.
Le mot ectoplasme a cependant survécu à la mode des médiums et peut désigner aujourd'hui une personne sans consistance, molle ou faible. Ça en fait une insulte tout à fait valable !

ICONOCLASTE

Mot formé à partir du grec byzantin eikonoklastês, « briseur d’images et de statues ».

Dès l’Antiquité, l’iconoclasme est un mouvement qui conteste la représentation des divinités et qui veut interdire les idoles. Ce mouvement hostile aux images religieuses culmine dans l’Empire romain d’Orient aux VIIIe et IXe siècles : plusieurs empereurs byzantins interdisent l’usage d’icônes religieuses et ordonnent leur destruction, influencés par l’exemple des religions juive et musulmane qui proscrivent la représentation de la divinité. La religion protestante connut également un épisode iconoclaste au XVIe siècle, principalement aux Pays-Bas.

Aujourd’hui par extension, un iconoclaste est une personne ouvertement hostile aux traditions, aux tabous et aux idées reçues.

MAMELOUK

Les mamelouks étaient des soldats miliciens au service de dirigeants musulmans tels que les califes ou les sultans. Ils étaient recrutés parmi les enfants capturés dans les pays non musulmans. Élevés en tant qu'esclaves dans la foi musulmane et ayant reçu une formation militaire, les mamelouks étaient ensuite affranchis puis intégraient la garde rapprochée du sultan ou du calife. Il n'était pas rare qu'ils occupent de hauts postes dans la hiérarchie du commandement militaire. En Égypte, ils réussirent même à renverser le sultan en 1250, et installèrent une dynastie de mamelouks qui régna jusqu'en 1517 ! Après la conquête ottomane, on trouve des milices ou des gouvernements mamelouks un peu partout dans le monde arabe : Bagdad, Alger, Tunis, Tripoli.

Peinture d'un mamelouk

MOUJIK

En Russie impériale, les moujiks étaient des paysans d'un rang social peu élevé, et disposant de peu de droits. En pratique, ils étaient des serfs.
La révolution russe de 1917 améliore la situation en mettant fin à leur esclavage, mais le pouvoir central soviétique les méprise presque autant que le faisait l'aristocratie impériale.
Dans la Russie actuelle, le terme conserve un sens péjoratif, et désigne toujours une personne de basse classe sociale. Pour le capitaine Haddock, serait-ce une façon détournée de traiter quelqu'un de péquenaud ou de bouseux ?

OLIBRIUS

Un olibrius est un individu excentrique et fanfaron, qui se fait piteusement remarquer. Le nom viendrait d'un personnage de l'Empire romain nommé Olibrius qui aurait été gouverneur des Gaules au IIe siècle, mais qui n'a malheureusement laissé aucune trace dans l'histoire, hormis le mot qui le désigne. Dans l'album de BD Astérix et les Normands, Goscinny et Uderzo donnent vie au légionnaire Olibrius, en patrouille aux abords du village gaulois.

PHYLLOXÉRA

Le phylloxéra est un insecte ravageur de la vigne qui s'attaque aux racines des plants pour en absorber la sève. Par métonymie, on a d'ailleurs donné le nom de l'insecte à la maladie qu'il provoque. Originaire des États-Unis, l'insecte, qui s'apparente à un gros puceron, arrive en France dans les années 1860. En 30 ans, malgré d'importants moyens de lutte, le vignoble français est largement infesté par le phylloxéra, et la production vinicole s'effondre, laissant présager une disparition rapide des 2,5 millions d'hectares de vignes. Certaines régions autrefois viticoles ne reverront d'ailleurs plus jamais de cep de vigne, comme le Bassin parisien. Vers la fin du XIXe siècle, on trouvera finalement la parade, qui consiste à greffer les parties aériennes des cépages européens sur des pieds (ou porte-greffes) de cépages américains, déjà naturellement résistants aux piqures de l'insecte.

RAVACHOL

François Claudius Koënigstein dit « Ravachol » et surnommé « le Rocambole de l'anarchisme » (voir ci-dessous) était un terroriste anarchiste guillotiné en 1892 à 33 ans pour des attentats à Paris et un assassinat à Saint-Étienne. Après son exécution, il devient un mythe dans la communauté anarchiste, faisant de lui un martyr de la cause, bien au-delà de la France. D'ailleurs en français wallon, un ravachol désigne encore aujourd'hui un enfant bagarreur ou un homme bagarreur.

ROCAMBOLE

Rocambole est un personnage de fiction créé par l'écrivain Pierre Ponson du Terrail en 1857. En une dizaine de romans-feuilletons, jusqu'en 1870, ce criminel, voleur, imposteur et meurtrier, vit des aventures palpitantes pour le public de l'époque, à tel point que l'on crée l'adjectif « rocambolesque » toujours en usage aujourd'hui. Alors que les romans de Ponson du Terrail sont désormais peu lus et que le personnage de Rocambole est tombé dans l'oubli.
Quant au nom du personnage, il vient peut-être directement de la rocambole, une espèce d'ail sauvage, également appelé échalote d'Espagne.

SABORDS

Comptés par milliers, millions ou milliards, les sabords font partie des jurons préférés du capitaine Haddock. C'est plutôt logique pour un marin, car les sabords désignent les ouvertures dans les flancs d'un navire à voile par lesquelles on passe les canons pour tirer. Il faut noter que le juron « Mille sabords » n'est pas une invention d'Hergé. L'expression existait déjà au XIXe siècle chez les marins.

SATRAPE

Dans l'ancien Empire perse, le satrape était le gouverneur d'une région administrative, la satrapie. Issu de la noblesse ou de la famille royale, il représentait directement le roi dans la province, et disposait pour cela de pouvoirs étendus : il levait l’impôt et entretenait sa propre armée pour maintenir l’ordre.
Aujourd’hui au sens figuré, un satrape est une personne puissante qui exerce un pouvoir despotique ou qui mène grand train. C'est enfin un titre donné à des personnalités proches du Collège de 'Pataphysique ou qui en sont membres. Raymond Queneau, Eugène Ionesco, Jacques Prévert et Boris Vian furent des satrapes pataphysiciens.

SCOLOPENDRE

La scolopendre est un myriapode, autrement dit un millepatte, qui peut atteindre la taille respectable de 15 cm (pour l’espèce européenne) voire 30 à 40 cm (pour l’espèce africaine). L’animal dispose de crochets venimeux et sa morsure peut être très douloureuse pour un être humain.
On confond souvent la scolopendre avec la scutigère, autre millepatte beaucoup plus petit (3 à 4 cm) et sans danger pour l’homme, que l’on trouve très fréquemment dans les maisons dans toute l'Europe, alors que la scolopendre ne vit que dehors, dans les paysages rocailleux du pourtour méditerranéen.

TONNERRE DE BREST

C'est sans doute l'expression la plus emblématique du capitaine Haddock, et Hergé ne l'a pas inventé ! À l'origine de cette expression, les historiens se disputent plusieurs hypothèses :

  • cela désignait le coup de canon qui annonçait chaque jour l'ouverture et la fermeture du port militaire de Brest (l'arsenal).
  • il s'agirait du coup de canon tiré pour signaler l'évasion d'un forçat du bagne de Brest, établissement pénitentiaire en activité de 1749 à 1858. Les habitants étaient invités à la chasse à l'homme et une prime était accordée pour la capture du fuyard.
  • l'hypothèse la plus communément admise aujourd'hui relie l'expression à un orage exceptionnel qui a frappé la région brestoise en avril 1718. Les innombrables coups de tonnerre qui ont frappé plusieurs églises, tuant quelques sonneurs de cloches, ont frappé les esprits, à tel point que le phénomène fit l'objet d'une communication à l'Académie des sciences par l'un des ses membres, Boureau-Deslandes : « Sur les 4 heures du matin, il fit trois coups de tonnerre les plus horribles que j'aie jamais entendus. Dans cet espace de la Côte de Bretagne qui s'étend depuis Concarneau jusqu'à Saint-Pol-de-Léon, on a observé que le tonnerre était tombé sur 24 églises différentes et à la même heure. »

TROGLODYTE

Mot issu du grec ancien, composé à partir de trôglê (« caverne »), qui désigne les êtres humains vivant dans des grottes ou des habitats creusés dans la roche ou à flanc de montagne. Hommes des cavernes, en quelque sorte...
Les troglodytes sont également des oiseaux passereaux, qui nichent souvent dans les trous des murailles ou des arbres.

ZOUAVE

Le zouave est un soldat d'infanterie légère de l'armée française. Les régiments de zouaves ont été créés en Algérie en 1830 dès le début de colonisation. Les premiers soldats incorporés étaient les soldats d’élite algériens de la régence d'Alger qui avaient initialement servi l'empire ottoman (le dey d'Alger tenait son pouvoir des Turcs). Dix ans plus tard, les zouaves ne sont plus recrutés que parmi les Français métropolitains ou d'Afrique du Nord, tandis que les Algériens autochtones vont grossir les rangs d'une autre unité, les tirailleurs algériens.

Les zouaves vont s'illustrer dans plusieurs conflits, comme la guerre de Crimée ou la Campagne d'Italie, à tel point que d'autres pays vont créer des unités de zouaves sur le modèle des troupes françaises. En France, les régiments de zouaves créés en 1830 seront dissouts en 1962. Ne reste aujourd'hui comme trace de ces unités glorieuses que le zouave du Pont de l'Alma à Paris, une sculpture installée sous les piles du pont parisien en 1856, et longtemps utilisée comme un indicateur (assez imprécis, en vérité) des crues de la Seine.

On connait aujourd'hui surtout l'expression « faire le zouave », c'est-à-dire se donner en spectacle ou faire le pitre. L'expression moquait dès son origine l'extravagance de ces soldats d'Afrique, que ce soit à cause de leur comportement ou de leur uniforme bien visible.

Le zouave du Pont de l'Alma

ZOULOU

Les Zoulous sont un peuple noir d'Afrique du Sud, qui fut unifié en un puissant royaume par le roi Chaka Zoulou en 1816. D'un petit clan de 1 500 personnes, ce roi a fédéré de nombreux clans voisins souvent en guerre pour en faire une nation forte de plusieurs dizaines de milliers d'individus. Chaka est mort en 1828 et son royaume, parfois appelé le Zoulouland, lui survit jusqu'à la guerre avec les colons anglais en 1878. Le royaume est ensuite démembré en plusieurs tribus, revenant ainsi à la situation d'avant Chaka. Au XXe siècle, l'ex-territoire zoulou est intégré au système de l'apartheid sud-africain, de 1970 à 1994.

Le roi zoulou Shaka
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